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  • Photo du rédacteurMiz Namaste

La fatigue décisionnelle. Dossier "Comprendre sa fatigue 2/6"

Dernière mise à jour : 7 sept. 2023


La fatigue décisionnelle ou fatigue de la décision désigne la détérioration de la qualité des décisions prises par un individu après une longue session de prises de décision ou au fur et à mesure que la journée avance.


C’est le psychologue Roy Baumeister qui a montré que la volonté, un peu comme un muscle, peut se fatiguer s’il est soumis à un effort trop exigeant.

Il faut noter que nous ne sommes très souvent pas conscients d’être en état de fatigue décisionnelle, nous identifions des causes extérieures (mauvaise volonté des autres, conditions défavorables, douleurs etc...) mais notre niveau de performance cognitive s’amenuise.


En effet, à mesure que la fatigue s’installe nous commençons à prendre des raccourcis dans le traitement cognitif et tombons dans l’un de ces deux écueils :


- la décision hâtive ou

- la paralysie décisionnelle l’évitement (ou indécision).


Dans la « décision hâtive » c’est parce que la capacité de prise de décision est saturée, que l’on prend de mauvaises décisions, sans prendre le temps d’envisager les options possibles ou de mesurer les risques. cette décision nous mènera souvent à des actions de rattrapage ne nous permettant pas de clôturer un sujet.


Dans la « paralysie décisionnelle » : là aussi c’est un problème de saturation de la capacité à prendre une décision, on ne parvient pas à analyser la situation et ses multiples implications (réelles ou supposées) et on va rester dans une indécision, un évitement, une mise en suspens à l’égard du sujet de la décision. Et s’il faut une réponse malgré tout on va avoir tendance à refuser, dire non, pour ne rien engager, ce qui n’est pas sans impact sur notre vie relationnelle.


Fatigue décisionnelle et volonté

La fatigue décisionnelle impacte également notre volonté et notre capacité à faire preuve de discipline.


Lorsque notre cerveau est fatigué de prendre des décisions, cela diminue notre capacité à faire preuve de volonté pour résister aux tentations ou aux impulsions ou pour réaliser un effort (comme faire une séance de sport après le travail par exemple, ou résister à reprendre du chocolat)


La fatigue décisionnelle peut donc également avoir un impact sur notre capacité à tenir nos engagements, ce qui peut impacter l’estime personnelle.


Qu’est ce qui crée la saturation ?


Les psychologues distinguent deux phases dans le processus décisionnel :

la délibération et la concrétisation du choix.


Afin de mieux cerner celle qui contribue le plus à la fatigue décisionnelle, des chercheurs[1] ont observé trois groupes d’utilisateurs du site Web en libre-service Dell Computers.


Chacun d’eux devait exécuter une tâche bien précise.


Groupe 1 – Analyse des caractéristiques Les participants devaient examiner les différentes caractéristiques proposées pour un ordinateur, par exemple le type d’écran ou la taille du lecteur de disque dur, mais sans avoir à choisir. Ils en restaient donc à l’étape de la délibération.


Groupe 2 – Agencement à partir d’une liste prédéfinie de caractéristiques Les participants devaient configurer l’ordinateur à commander en ligne à partir d’une liste de caractéristiques présélectionnées. Ils étaient donc invités à concrétiser un choix arrêté préalablement.


Groupe 3 – Agencement et sélection. Les participants devaient déterminer les caractéristiques qu’ils voulaient et sélectionner ensuite les options correspondantes. Ils étaient ainsi astreints à délibérer et à concrétiser leur choix. L’étude démontre que le groupe 3 est celui qui a le plus souffert de fatigue décisionnelle.


Le cumul de la délibération et de la concrétisation du choix s’avère ainsi plus épuisant que l’une ou l’autre des deux étapes considérées séparément.


Pistes pour réduire cette fatigue :


La gestion de notre énergie cognitive : Comme vu dans l’expérience les tâches cognitives restent performantes lorsqu’elles sont bien réparties, soit dans les rôles, soit dans le temps. Ainsi la répartition des rôles : distinguer ceux qui délibèrent de ceux qui choisissent, peut-être une clé ou bien le travail en deux temps bien distincts : lundi délibération, jeudi : concrétisation.(par exemple) en tout cas cet expérience est une invitation à réviser notre manière d'utiliser notre cognition et peut être aussi à déléguer.


Faire des pauses régulières : la saturation vient d’un manque de « respirations » dans l’effort. S’en octroyer de régulières sera déjà plus respectueux de vous-même et permet de regagner en hauteur de vue. La pratique d’une discipline énergétique comme le Kensho En Do, le yoga, le Qi gong etc… aide à se reconnecter à une respiration régénérante.


Se faire confiance :

Parfois, la fatigue décisionnelle apparaît à mesure que nous nous coupons de notre corps et de notre intuition, ce qui nous amène à « mentaliser » de plus en plus de décisions. Celles-ci ne sont plus spontanées ou connectées à notre système de valeurs profondes ou nos moyens réels et il faut réfléchir à de trop nombreuses implications derrière chaque geste ce qui nous épuise profondément et nous empêche de hiérarchiser correctement les décisions qui recquiert l'énergie de manière prioritaire. Le Kensho En Do permet de travailler sur l’alignement corps-mental- émotions et sur l’explosivité du geste, afin de nous ramener à l’authenticité et à l’indépendance psychologique. La psychothérapie peut s'avérer également un soutien nécessaire si l'estime de soi est trop affectée.


Vous souhaitez échanger sur ce sujet? n'hésitez pas à me solliciter via le Tchat en bas de page. à bientôt.


[1] L’étude a été menée par Kathleen Vohs, psychologue de l’Université du Minnesota




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